CONFERENCES 2019 –2020

 

               FIGURES DES LIMITES

 

                                            Argumentaire

 

            Le terme limite est emprunté au latin limitis qui signifie « chemin bordant un domaine ». Il peut également prendre un sens abstrait tant spatial que temporel. Le verbe limiter suggère une action, celle de « marquer les limites d’un territoire ». La question des limites suggère ainsi tant un état concret qu’abstrait et interroge l’existence d’une dimension active s’opposant à une position passive.

 

            Cependant, si l’Homme est un élément constitutif d’un espace-temps particulier – l’Univers – et que celui-ci est déclaré « en expansion » par les scientifiques, ne doit-on pas envisager l’existence d’une limite-non-limite ? Mais alors, comment se construisent les limites concrètes de l’état d’être humain et comment s’intériorisent-elles consciemment et surtout, inconsciemment ? Qu’est-ce qui permet à l’humain d’être inclus dans les limites d’une société et de s’y sentir reconnu plutôt qu’exclu ? La dynamique familiale tient-elle un rôle dans l’organisation des limites tant concrètes qu’abstraites d’un individu ?

 

            Dans le champ de la psychanalyse la question des limites vient notamment interroger l’organisation d’un appareil psychique ayant la capacité de contenir et de transformer des affects et des représentations distincts de ceux d’autrui. Ces contenus psychiques sont nourris d’une part, par des liens d’ascendance qui s’inscrivent dans un rapport de forces de nature anthropologique. Ce rapport est induit par la différence générationnelle et sexuelle ainsi que ses langages dont témoigne l’adulte face à l’enfant immature. D’autre part, ces liens sont alimentés par les codes d’une société et d’une culture. Dès lors, comment concevoir à partir de la relation adulte-enfant au sein du groupe-famille et d’une communauté culturelle, la construction de l’identité délimitant le sujet face à l’altérité ? Comment penser l’organisation des liens psychiques à l’autre afin qu’ils deviennent structurants plutôt qu’enfermants et/ou souffrants ? Comment et en quoi cette organisation psychique s’appuie-t-elle sur une construction fantasmatique groupale ? 

 

             Par ailleurs, la thérapie psychanalytique interroge également la construction d’un cadre qui délimite un dedans et un dehors : comment penser une telle bordure ?

 

            Enfin, le propre de l’humain n’est-il pas celui d’être confronté aux deux limites qui sont celles de la vie et de la mort et qui, pour un certain temps, se maintiennent dans une mystérieuse dialectique ? Comment ces limites organisent-elles l’espace psychique individuel, conjugal, familial et social ?