CONFERENCES 2017 –2018

 

                  FIGURES DU CORPS

 

                                            Argumentaire

 

Le terme « corps », issu du latin corpus, désigne la partie matérielle des êtres

 

 animés qui, chez l’Homme, vient dès son origine s’opposer à l’âme. Il s’applique

 

à l’organisme vivant mais également au corps inanimé, au cadavre.

 

La psychanalyse conçoit un concept-limite, la pulsion, qui articule le corps

 

somatique à la psyché (l’âme). Articulant le monde intérieur au monde extérieur,

 

la pulsion interroge un moi opposé au sexuel, une pulsion de vie opposée à la

 

pulsion de mort. Le corps y est régulièrement considéré comme un moi-corps, un

 

moi-peau. Il se construit au sein du groupe familial, collabore au Moi familial à

 

travers divers héritages et deuils. Il est un support de la vie fantasmatique. La

 

réalité organique du corps distille une empreinte psychique qui, en absence de

 

corps réel est rappelé par le langage métaphorique : on y évoque alors l’image du

 

corps, le corps familial, le corps conjugal,

 

le corps enseignant, le corps du Christ…

 

           Non content de se présenter comme métaphore, le corps s’institutionnalise,

 

se socialise, se différencie et est l’objet d’identifications, de projections,

 

d’illusions… Le groupe familial se forge ainsi, selon des gradients divers,

 

l’illusion d’un corps commun associé à une pensée partagée qui à la fois, unit,

 

menace et protège ses membres. Ces illusions de communautés corporelles et

 

psychiques seront au cœur du travail de thérapie groupale et familiale

 

psychanalytique. Elles y apparaîtront progressivement à travers la résonance

 

fantasmatique, les phénomènes d’interfantasmatisation et d’inter-transfert. 

 

Enfin, le sujet exprime à travers son corps ses plaisirs comme ses souffrances,

 

 ses non-dits comme ses « nom de Dieu »…

 

L’Homme offre ainsi diverses figures au corps.