CONFERENCES 2018 –2019

 

             FIGURES DE L'ANGOISSE

 

                                            Argumentaire

 

Issu du latin angustia  (XII° siècle) qui signifie « étroit, serré », l’angoisse désigne à la fois un malaise physique et un état moral pénible dont la cause, pour les peuples « primitifs », est souvent externe. Il informe que l’esprit est « trop étroit pour se contenir lui-même » (St Augustin) car il ne parvient à répondre aux questions « d’où viens-je ? qui suis-je ? où vais-je ? ». L’angoisse existentielle de Kierkegaard (19°s) illustre le « vertige de liberté » de l’Homme ayant le pouvoir de braver l’interdit et la menace du châtiment. Pour les neurosciences, l’angoisse révèle un stress décelable biologiquement et qui, devenu conscient, permet une adaptation au danger. Ces considérations somatiques, morales et spatiotemporelles sur l’angoisse se retrouvent traduites par la psychanalyse.

 

 Les sources de l’angoisse pour Freud sont sexuelles (1895) avant de devenir, en 1924, un signal d’une expérience traumatisante (la naissance) qui se répète. L’angoisse devient dès lors protectrice d’un effroi sous-jacent. L’origine de l’angoisse n’est plus exclusivement externe car l’enfant immature, soumis à un rapport de forces inégal, intériorise les contraintes et projections parentales pour ses propres besoins narcissiques. Cette asymétrie anthropologique laisse supposer que l’angoisse de l’adulte s’implante dans la psyché et le corps de l’enfant, quitte à ce qu’il doive y donner suite à son insu. Et si l’angoisse se transmet, quelle en serait son organisation groupale familiale ?

 

Comment se déploie l’ambivalence dans la sphère familiale, celle qui suscite l’angoisse morale liée à une culpabilité ? Comment s’y organise la question de la castration, celle qui donne à l’individu une place distincte entre les générations et les sexes ? Mobilise-t-elle l’angoisse de mort dont la résolution par l’abus de forces fait l’actualité (l’IVG, Affaire Dutroux & Weinstein, les radicalismes…) ? Mais aussi, comment le couple s’organise-t-il autour des angoisses réciproques des partenaires ?

 

Enfin, l’angoisse peut-elle devenir sociale suite notamment à de nouvelles inégalités (économiques, raciales, climatiques…), des exigences managériales impitoyables et des terrorismes insaisissables, alors que l’Homme n’a jamais autant exercé son emprise sur l’environnement et ses origines ?

 

 Dans ce concert d’angoisses aux sources et aux figures multiples, quelles sont les issues et les éventuelles approches thérapeutiques, en ce y compris l’approche psychanalytique groupale et familiale ?