ARGUMENTAIRE

 

Le terme transfert nous indique d’une part, à travers le préfixe issu du latin trans, l’idée de « au-delà », de « par-delà » et de celle de « de part en part ». D’autre part, ferre nous indique l’action de « porter » ou encore de « transporter en un autre lieu ». Introduit dans la cure individuelle par Freud suite à une tentative d’embrassade d’une patiente (Anna O.), l’analyse du transfert et l’interprétation des rêves s’avèrent la voie royale pour avoir accès à l’inconscient produit par les affects et les représentations refoulées/clivées, cause de tensions/souffrances, afin de les soulager.

 

Le travail analytique avec les enfants et les psychotiques ainsi que la clinique de Ferenczi vont mettre en évidence les vécus de l’analyste en séance et dès lors privilégier l’analyse du contre-transfert, témoin du lien intersubjectif. L’abord analytique des groupes, des familles et des couples permet d’enrichir le transfert en développant la notion d’une circularité fantasmatique ayant un effet de résonnance au sein du groupe incluant l’analyste. Le transfert questionne ainsi l’existence d’une transmission d’un matériau psychique chez l’humain qui, conçu dans le rapport originaire à autrui, se trouve dans une nécessité de reproduction. Le processus analytique permet son déploiement dans un rapport asymétrique entre le patient et l’analyste, ce qui interroge notamment le rapport à l’autorité. Ce travail vise l’apaisement des tensions et des souffrances mais aussi une transformation des éléments psychiques qui les produisent.

 

La notion d’un cadre thérapeutique interroge la possibilité psychique de l’analyste à pouvoir différencier un « dedans » distinct d’un « dehors ». Cette capacité vise à protéger les protagonistes des attaques d’indifférenciation et à promouvoir une subjectivation suffisante pour tous dans le lien à l’autre. Destiné à développer une contenance aux vertus symboligènes, la construction et le maintien du cadre reposent essentiellement sur la capacité du thérapeute de penser et d’élaborer son ressenti.